Accro
J’ai besoin d’une présence pour faire les choses. « J’ai besoin d’un café et d’une clope pour me motiver ». « J’ai besoin de consulter mon compte Facebook de manière irrépressible. ». « Je me sens mal quand je n’ai pas d’information à me mettre sous la dent ». « J’ai besoin d’alcool pour dormir ». Quelle frustration quand je ne peux combler le manque !
Toutes ces petites addictions, j’aimerais m’en passer. Je vis seul, en couple ou en famille. J’ai besoin d’une présence. Pourquoi ?
Dans mon entourage tout le monde a ses petits péchés mignons, voire ses addictions. Chez certains j’ai remarqué que c’est pour eux une présence nécessaire qui les aident à se conditionner avant d’assumer les petites choses du quotidien.
Dans sa théorie de l’attachement*, Bowlby développe le concept de base secure. Lors du parentage, il décrit :
« les deux parents servent de base sécure à leur enfant ou à leur adolescent, à partir d’où il peut faire des sorties dans le monde extérieur et où il revient avec la certitude qu’il sera accueilli à son arrivée, qu’on lui offrira de la nourriture tant physique qu’émotionnelle, qu’il sera réconforté s’il est en détresse et rassuré s’il est effrayé. L’essence de ce rôle consiste à se montrer disponible, prêt à agir en cas de demande pour encourager et peut-être aider, mais à intervenir qu’en cas de nécessité évidente. » Le lien, la psychanalyse et l’art d’être parent, Bowlby, Albin michel, Bibliothèque des idées.
A la lumière de ce passage, je me dis que toute les fois où je n’arrive pas à me mettre à mouvement, quand je suis bloquée et alitée avec la sensation d’avoir une enclume sur le ventre, me renvoient au fait que lorsque j’en avais besoin, la main de ma mère en particulier, n’était pas là pour me soutenir. Parfois j’avais besoin de son soutien pour faire les choses. Parfois je me suis retrouvée livrée à moi-même pour effectuer des tâches qui n’étaient pas de mon âge, comme me faire à manger. Il m’arrivait donc de ne pas manger car ma mère en dépression était elle-même alitée devant la télé, éprouvant surement cette même sensation d’enclume sur le ventre.
La théorie de Bowlby est un outil très intéressant qui m’aide faire le pont entre le passé et le présent. Ainsi mon cerveau peut intégrer ce qui a « buggé » à un stade donné de mon développement. A ce moment-là, une fois l’information intégrée, la structure de cerveau change, de nouvelles connections ont lieu, et je gagne en fluidité et en motricité. Je fais ce travail accompagnée de ma psychothérapeute, qui me guide, en me donnant ces outils de compréhension, notamment à la lumière de Bowlby.
*Apparement peu connue en France
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