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La plage lors de la marée

ma pensée suite aux articles sur le doc Harlow

11 Juin 2013, 10:07am

Publié par L'Océan

Les recherches du docteur Harlow, nous montrent comment le manque d'affection peut entraîner un être vivant à s'accrocher à tout et n'importe quoi pour avoir juste un peu de chaleur, pour être un peu rassuré. Pour avoir juste l'impression d'être aimé. Il nous montre comment un être privé d'affection peut devenir un être complètement apeuré, ayant des réactions incompréhensibles pour le tout public.

Etoile de mer nous ayant partagé ce dossier afin de nous rendre attentifs à tout cela, et afin de nous aider à mieux nous comprendre, nous pauvres êtres victime du manque d'affection quelle qu'en soit la raison, j'aimerais vous partager ma pensée allant dans la suite:

Certaines personnes qui nous sont "données", le sont pour nous aider à nous structurer. Nous-même, nous arrivons dans la vie de certaines personnes pour les aider à se structurer. Quand la relation avec l'autre est véritablement une relation d'amour, elle apporte et donne la protection à l'un comme à l'autre. À ce moment-là, la dépendance envers l'autre n'est plus destructrice car elle nous permet de nous construire pour aller vers l'indépendance. Elle nous permet d'aller vers la liberté et ce sous le regard bien veillant et aimant de l'autre.

Pourtant, lorsque nous avons été pendant plusieurs années sous le joug d'un manipulateur pervers narcissique, il est très difficile et même effrayant de penser que la dépendance peut se changer en indépendance. Lorsque les victimes de ces manipulateurs arrivent enfin à s'échapper, elles ont, généralement, perdu toute confiance en elle, mais aussi en les autres. Les pervers narcissiques sont très doués pour créer les manques chez leur victime, en les vidant totalement de tout ce qui fait partie de leur vie à elles et en les remplissant par leurs propres présences, désirs, envies, choix. Quand elle sort de leurs mains, quand enfin elle leur échappe, la victime ne sait plus qui elle est, ni de quoi elle est capable, ni à quoi elle ressemble, elle ne sait plus rien d'elle-même, le PN lui ayant tout pris, tout enlevé. Il est donc très difficile après cela de faire confiance à l'autre et de penser que l'autre peut nous vouloir du bien. De même il est difficile de penser que nous avons encore quelque chose à apporter à l'autre. Bien souvent, nous nous sentons vides et inutiles, incapable de quoi que ce soit de bien, incapable d'aimer et ne pouvant plus être aimé. Bien souvent nous avons de nous-même une image bien faussée, terriblement faussée, le PN s'y étant attelé afin que nous ne puissions plus vivre après lui. Bien souvent, comme ce petit singe, nous ne sommes plus que des êtres apeurés par tout et tous, même par notre propre reflet dans le miroir, et nous sommes justes capables de nous isoler, de nous cacher, de nous terrer dans un coin isoler de tout. Chaque jour qui passe est un véritable combat au cours duquel nous devons lutter pour nous reconstruire, mais aussi pour nous retrouver, savoir à nouveau qui nous sommes réellement, ce que nous aimons ou n'aimons pas, quelle est notre personnalité, quel sont nos talents, etc. Oui, chaque jour est un véritable parcours du combattant, nous devons lutter contre la culpabilité, la honte, le manque. Nous devons lutter pour pouvoir à nouveau aimer et à nouveau croire que nous pouvons être aimés. Nous devons lutter pour retrouver le gout à la vie et le désir d'avancer et de vivre réellement et non plus de survivre. Nous devons aussi lutter contre l'incompréhension autour de nous, de certains de nos proches, famille et amis, nos voisins, nos connaissances, nos collègues, parfois celle de notre nouveau conjoint et même les services officiels avocats, polices, etc....

Ce qui est important, c'est de ne pas se fixer la barre trop haut. De regarder les progrès, à chaque pas, chaque heure, chaque jour d'abord, avant de passer à chaque semaine puis chaque mois. Comme un enfant apprend à marcher ou à parler, nous devons réapprendre à vivre, marcher, parler, aimer, pas à pas. Il m'a fallu presque une année pour ne plus avoir peur de ce PN qui m'avait pris dans ses filets. Au début je n'y arrivais pas, je regardais bien trop loin et du coup j'avais l'impression que je n'y arriverais jamais. Que jamais je n'arriverais à vivre sans lui, que jamais je n'arriverais à me sortir de ses griffes. J'ai pensé bien des fois qu'après lui ma vie était finie, que je n'étais plus bonne à rien ni capable de rien. Que peut- être il avait raison, que sans lui je n'existais pas. Et puis un jour, sur les conseils de plusieurs personnes, j'ai marché pas à pas et regardez pas à pas. Il y a eu des rechutes, des moments où j'ai failli perdre espoir, des moments où il a tenté de me ravoir, de me rattraper, des moments où j'ai eu peur. Il y a eu des jours où je me suis enfermée chez moi avec ma peur et mes craintes. Il y a eu et il y a encore des jours sombres, des nuits sans sommeil, des nuits peuplées de cauchemars. Il y en aura surement encore, mais de moins en moins, car de plus en plus la vie coule à nouveau en moi. Certains jours sont très très durs et je redoute de tout, de tous et de moi-même. Pourtant je sais qu'un jour tout cela sera fini, un jour je serais guéri, je n'aurais plus peur, en attendant je fais de mon mieux. Oui, chaque jour est un combat qui nous aide à nous sortir des griffes du manipulateur pour avancer vers une vie nouvelle dans laquelle nous serons bien plus fort.